ruisseaué

Toute création que Dieu a mise sur terre sert à quelque chose, Parmi ces créations, la Rivière, en plus de son rôle naturel, la rivière est un exemple vivant du couple parfait. En voici l’histoire.

Quelque part à Settah, un petit ruisseau surgit du côté du barrage de zit el Amba, frayant son chemin entre les buissons. Le ruisseau prit vie et commença à se parler

« Qu’est ce qui se passe, pourquoi je change de forme ? » s’interrogea la terre « j’étais plate et les rayons du soleil arrivaient à chaque particule de ma texture »

« Même moi, je coulais avec les miens et voilà que je chavire vers une destination que je ne connais même pas » répondit l’eau intrigué

« C’est de ta faute,  eau, c’est toi qui a débordé du bassin et tu m’as creusé sous ton passage, déformant mon anatomie » cria la terre

« Ce n’est pas vrai, terre, pourquoi je déborderais et quitterais mon environnement, c’est toi qui a cédé et tu m’as entrainé avec ton engouffrement » répondit l’eau en colère.

Soudain, une voix rassurante s’éleva du bassin de zit el Amba et expliqua « ne vous chamaillez pas, ce n’est la faute d’aucun de vous deux, votre destiné a été tracé, maintenant vous devez faire un bout de chemin ensemble, vous irez loin ensemble, et vous grandirez ensemble et un jour vous deviendrez une belle rivière qui donnera à son tour naissance à de nouveaux ruisseaux qui deviendront à leur tours des rivières, c’est le cours de la vie, vous devez en être heureux » finit la voix

« Non je ne suis pas heureuse avec cet eau qui coule en me creusant de plus en plus et en m’éloignant de l’air et du soleil »

« Moi aussi je ne suis pas heureux de quitter mon nid et ma vie pour aller je ne sais ou avec une inconnue » pleurnicha l’eau

« vous me faites rire avec vos jérémiades, votre avenir est scellé à présent, vous ne pouvez plus rien y changer, il ne s’agit plus de toi terre, ni de toi eau, il s’agit de vous deux ensemble « petit ruisseau », vous devez apprendre à vous accepter pour évoluer en harmonie et en paix, pensez aux belles choses que vous allez découvrir ensemble durant votre voyage, pensez au bien que vous allez offrir aux autres êtres qui comptent sur votre passage, pensez aux vies que vous allez sauver, il y’a tellement de belles choses qui vous attendent, ne gâchez pas tout par égoïsme en pensant juste à vos propre intérêts  »   

« Je ne comprends rien et je ne veux rien comprendre, je veux retrouver mon anatomie initiale et que cet eau sorte de moi » s’entêta la terre

« Je donnerais ma vie pour te quitter terre de malheur, tu m’as entrainé hors de mon environnement, tu m’as emprisonné entre tes rives, tu m’étouffe » cria l’eau

Le petit ruisseau n’entendit plus la voix, elle avait disparu à jamais,  laissant la terre et l’eau dans la confusion totale.

« Et maintenant, qu’allons-nous faire ? » demanda la terre

« Je ne sais rien et je ne veux rien savoir de toi, tu arrêtes de me parler, je n’ai aucune envie d’échanger avec toi » répliqua méchamment l’eau.

Des jours et des nuits passèrent, et le ruisseau poursuivait son cours vers une destination inconnue. La terre se façonnait et s’approfondissait sous l’écoulement de l’eau prenant la forme de cuve dont les abords s’élargissaient de plus en plus, donnant plus de liberté à l’eau qui doublait de volume et d’abondance. Cette complicité entre les deux éléments partagée  aux files des jours donnait au ruisseau la joie de vivre à en être qu’une seule âme.

Un matin d’été, le ruisseau se réveilla sur un obstacle de bloc de roches, l’eau s’arrêta de ruisseler, la température très élevées dura un mois, de jour comme de nuit, le niveau de l’eau diminuait avec l’évaporation, jusqu’à assèchement total, les petits poissons et les petites grenouilles ayant trouvé abris dans le petit ruisseau avaient rendu l’âme, et le nid du ruisseau devint aride et fissuré. « Ou est tu eau ? Pourquoi tu es partie ? Le soleil tapant me déchire, ma texture se disloque, reviens s’il te plait » cria la terre livrée à un désarroi mortel.

Bien qu’éparpillé dans l’air, l’eau entendit le gémissement de la terre, il voulait revenir mais la chaleur d’enfer l’empêchait. Désormais, la séparation des deux éléments valait la mort du ruisseau.

Mais la clémence du bon Dieu est toujours présente, malgré l’obstacle rocheux, malgré la chaleur satanique, un vent clément ramassa les nuages et d’un souffle glacial les essora pour en faire découler l’eau qui revient à son nid, à sa chère terre et à son âme sœur. La pluie était d’une telle abondance que même le bloc rocheux s’est dégagé du chemin du ruisseau qui reprit vie au contact des deux biens aimés terre et eau.

Ils ne se sont plus jamais quittés.

Le ruisseau devint une belle et généreuse rivière qui donna à son tour de nouveau petits ruisseaux, il leur révélait le secret de la vie en les conseillant toujours d’accepter leurs différences et de rester unis quoiqu’il arrive.  

Un couple heureux est une unité composée de deux éléments différents qui, avec le temps, se forgent mutuellement et arrivent à se compléter en acceptant enfin leurs différences.   

Aux personnes  qui se sont séparés malgré eux pour quel qu’en soient les raisons, je dis, la clémence divine existe, ayez foi, vos chemins finiront par se croiser et votre couple survivra comme le petit ruisseau, si vos liens sont aussi fort que les liens de la terre et de l’eau.  

Moi, j’ai la foi.